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Syndicat général de l'Éducation nationale


SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

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  • 14 octobre 2004

    Rapport Thélot : objectifs, missions, moyens, des principes que nous partageons

    Pour se faire un avis sur les propositions de la commission Thélot il faut commencer par les lire. Il est nécessaire d’en connaître sans déformation les propositions principales (en italique dans le texte). Ce premier article tente de traquer des points litigieux tout autant que les points positifs d’un rapport qui ne mérite pas les excès d’honneur mais encore moins l’indignité dont cherchent à l’affubler certains.

    Le socle commun

    Il « constitue ce qui est indispensable pour réussir sa vie au XXIe siècle.
    - sa maîtrise est un but : c’est la première réussite de l’élève ;
    - sa maîtrise est un moyen : elle ouvre la voie à la poursuite d’études ;
    - son défaut de maîtrise ouvre un droit : un droit de créance spécifique sur la société pour maîtriser le socle ultérieurement.

    Il se décline en termes de connaissances, de compétences et de règles de comportement. Il ne s’identifie pas aux programmes tels qu’ils sont actuellement en vigueur à l’école et au collège.

    Cinq principes pour le définir :

    - subsidiarité : l’école doit faire ce qu‘elle sait faire et rien d’autre ;
    - continuité : le socle doit pouvoir favoriser la réussite d’un apprentissage différé dans le temps ;
    - mise à jour : le socle doit être adapté à notre temps et aux prochaines décennies ;
    - priorité des priorités : ce qui le constitue est ce qui est indispensable à l’homme et à la femme du XXIe siècle (personne autonome, citoyen de la République, professionnel compétent).
    - faisabilité : les choix effectués pour ce socle doivent être réalistes et réalisables par l’ensemble d’une classe d’âge afin que la Nation puisse s’engager dans son acquisition.

    Organisation de la scolarité en cycles

    Une fois le socle défini, il faut s’assurer de sa maîtrise. « Pour cela, la Commission dégage quelques lignes de force :

    - l’organisation en cycles, prévu par la loi de 1989, doit être appliquée partout. Le cycle doit être réellement, à l’avenir, cette période de trois ou quatre ans au cours de laquelle s’organisent le renforcement, la diversification et la régulation permettant de lutter efficacement contre l’échec scolaire.
    - Tous les élèves devraient pouvoir bénéficier de moments spécifiques destinés à les accompagner, en fonction de leurs besoins, vers la maîtrise des différentes composantes du socle.
    - Des évaluations régulières tout au cours du cycle sont nécessaires pour garantir l’acquisition du socle et réguler les apprentissages. »

    Le travail en cycles et l’affirmation de l’obligation de sa pratique de la grande section de maternelle jusqu’à la 3e constitue, pour l’École obligatoire (jusqu’à 16 ans) l’élément le plus révolutionnaire du rapport.

    Non content de réaffirmer avec force ce pilier majeur de la loi de 1989, le rapport en justifie son utilité en édictant les règles de son fonctionnement.

    Trois cycles seraient constitués :

    - Cycle I : GS / CP / CE1

    - Cycle II : CE2 / CM1 /CM2 / 6e avec possibilité pour les professeurs de lycées et collèges d’aller en CM et pour les professeurs d’école d’assurer des activités en 6e ;

    - Cycle III : 5e /4e /3e ;

    À la fin de chaque cycle, une évaluation déciderait ou non du passage.

    Pour le Cycle III, un brevet constitué de deux volets (acquisition du socle et acquisition des autres matières) validerait la scolarité obligatoire et ouvrirait les portes des études au lycée.

    La non-acquisition du socle interdirait la poursuite des études. La seule acquisition du socle et de matières en rapport avec le projet de formation de l’élève lui permettrait de poursuivre des études dans la voie qu’il aurait choisie.


    Extraits « La réflexion de la commission s’est organisée autour de [l’] ambition d’une École efficace :
    - une École qui fasse réussir tous les élèves, sans se résigner au fait qu’un collégien sur sept soit en situation d’échec scolaire en raison des graves difficultés qu’il éprouve en lecture, en écriture et en calcul...

    - une École qui fasse vraiment réussir les élèves, en améliorant autant que nécessaire les pratiques pédagogiques, les modalités de l’accompagnement, de l’encadrement et de l’évaluation. »

    « La réussite d’une École tient d’abord à ce qu’elle arme tous les élèves et les futurs citoyens de connaissances, de compétences et de règles de comportement jugées aujourd’hui indispensables à une vie sociale et personnelle considérée comme « normale ».

    C’est pour cela que le rapport propose que soit défini.... Un « socle de l’indispensable » destiné à être maîtrisé par tous indépendamment « des parcours et des dispositions des élèves. »

    « La réussite à l’école se définit aussi en termes éducatifs, psychologiques et moraux.... Il n’y a pas de raison d’opposer l’instruction à l’éducation. Ceci conduit à redéfinir le métier des enseignants, le rôle des parents, la part d’autonomie et d’initiative des établissements. »

    « La réussite scolaire peut aussi être définie en termes d’égalité des chances et des résultats. .. D’où l’accent mis sur une politique de discrimination positive. »

    « L’école de la réussite doit être une École efficace dans la mesure où elle mobilise ses ressources de façon rationnelle et maîtrisée.... Le rapport doit donc aborder les problèmes de gestion et de pilotage du système. »