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SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

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  • 16 janvier 2005

    Insultes, injures en classe : que faire ?

    De quoi parle-t-on ?

    Il s’agit de violences verbales définies par le Manuel lycéen contre la violence comme des « paroles offensantes qui visent à atteindre psychiquement la personne ». Les insultes répétées deviennent du harcèlement.

    Comment réagir à une injure en classe ?

    Préalable : répondre à cette question n’est pas simple car chaque situation est particulière. De plus, il y a insulte et insulte. Les distinctions sont importantes et il ne faut pas tout mettre sur le même plan : entre un « vas-y » et une insulte raciste ou sexiste, il y a un monde. Pourtant, une réaction est toujours nécessaire car l’insulte, la violence, le mépris vont à l’encontre de la « loi » instaurée dans la classe par le professeur fondée sur le respect des uns et des autres et sur des dispositions légales. La réaction est donc un acte éducatif ; les injures ne doivent pas donner lieu au déni, à l’impunité.

    La réaction doit se faire avec méthode, recul, s’appuyer sur les pratiques de l’établissement, la raison, le discernement en pensant en particulier à l’éducatif et aux équipes pédagogiques. La première difficulté est de vivre le moment et il n’est pas toujours aisé de déchiffrer réellement la violence ainsi exprimée. Il ne faut jamais entrer dans le jeu de l’insulte répondant à l’insulte et garder son calme, répondre soit par l’humour, soit par une explication brève marquant la limite et annonçant clairement les choses en cas de « récidive ». Ne pas hésiter à reporter la confrontation avec l’élève : convocation après le cours ou, dans le cas d’insultes plus graves, exclusion (connaître les « règles d’exclusion de l’établissement est un préalable) ; exclure c’est aussi suivre le cas avec la vie scolaire et non se décharger d’une responsabilité. Ensuite, en fonction de la gravité de l’injure et du contexte :
    - la parole. Elle peut se faire après le cours en convoquant l’élève, à un autre moment, en présence d’une tierce personne, en convoquant les parents avec la présence ou non du CPE. L’échange est essentiel pour comprendre, expliquer surtout les règles ou une sanction prise.
    - Les ressources de l’établissement : CPE, professeur principal, chef d’établissement dans un premier temps, mais aussi les conseils de vie lycéenne, les commissions d’éducation, voire les conseils de disciplines qui répondent à des règles strictes. Les punitions et sanctions doivent rester dans un cadre collectif, discuté et partagé. En cas de problème sur ce point, il s’agit, avant toute chose, de construire ce cadre collectif dans l’établissement, par des réunions, des projets, lors de demi-journées banalisées.
    - Les ressources en dehors de l’établissement :. Selon les cas, il est utile de faire un signalement au chef d’établissement (responsable de l’établissement) et/ou à l’inspection académique, de déposer une main courante au commissariat (pas de poursuite, mais trace écrite en cas de récidive), de déposer une plainte au commissariat ; la plainte peut aussi se faire directement auprès du procureur de la République en lui écrivant. Le service juridique du rectorat (01 49 81 62 99) peut vous renseigner sur toutes ces procédures (voir notamment la fiche détaillant ce service que vous trouverez sur le site du rectorat).

    Que dit la loi ?

    Les violences verbales et les menaces, lorsqu’elles sont destinées à un personnel d’établissement, sont passibles au maximum de 7500 euros d’amende et de 6 mois de prison (article 433-5 du code pénal). Lorsque les injures viennent d’un élève et sont destinées à un autre élève, une amende qui va jusqu’à 38 euros et encourue (équivalent de la contravention de classe 1 : article R 621-2 du code pénal). Les injures racistes sont punies par des amendes allant jusqu’à 750 euros (équivalent des contraventions de classe 2 : article R 624-4 du code pénal). La loi condamne toute discrimination.

    Poursuivre :

    Que faire face à une « injure » en classe n’est qu’une partie d’une thématique plus large, celle de la violence à l’école qui ne peut être abordée sans faire appel à la prévention et à une réflexion plus globale. De nombreuses publications et outils existent : voir pour cela les 13 fiches pour prévenir la violence sur le site du rectorat de Créteil et surtout le dossier « violence » de notre site académique.



     

     

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