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Syndicat général de l'Éducation nationale


SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

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  • 2 novembre 2005

    Il y a TZR et TZR....Et il y a surtout des néo-titulaires et des précaires qui en bavent !

    Ce texte n’engage que son auteur.

    TA-TZR : il y a celles et ceux qui le furent et celles et ceux qui le sont encore par choix

    Il fut un temps où cela rapportait un peu de points pour les muts, un peu de sous (ISSR), une affectation sur une zone préférée plutôt qu’une nomination sur une autre. Et aussi, parfois, un peu... pas mal de temps libre entre deux remplacements...

    Rien de choquant dans tout cela, le système le permettait, tant mieux pour celles et ceux qui ont connu "cet Age d’Or" !

    Très vite, d’ailleurs, ces "avantages" furent dévolus aux plus anciens : il fallait plus de 21 points pour être ZR 94, sur remplacements de courte et moyenne durée... Et depuis 4 à 5 ans, que s’est-il passé ? Y eut-il , ça et là des "abus" dénoncés par la cour des comptes ? Peut-être... Le service public ce sont aussi les deniers publics et si nous voulons être crédibles, n’en sommes-nous pas responsables et... comptables ? Depuis 2003, il ya surtout une glaciation et une gestion épicière et inique du service public et l’E.N. n’y échappe pas !

    Donc "l’Age d’Or", C’EST FINI.

    La situation actuelle

    La majorité des TZR ne le sont plus par choix mais MALGRE EUX-ELLES...Et ce sont eux-elles qui payent cher la note !

    Ce sont le plus souvent des néo-titulaires, les moins barémés, les plus jeunes, qui sont nommés dans les zones les plus difficiles, les moins prisées, les plus mal desservies par les transports et dans les pires conditions. Ils-elles n’ont plus de points pour les muts (sauf peut-être pour les 2 mvments à venir), ils-elles n’ont pas de décharges de 2 h pour formation même s’ils sont affectés en APV, et selon les disciplines ils sont affectés de façon "abracadabrantesque" : Exemple en Allemand rentrée 2005 : Nemours- Château-Landon-Perthes (3 fois 3 heures). Regardez une carte... et cherchez l’erreur...

    .....Depuis la suppression des 250 points de maintien prioritaire, tant souhaitée par certains de nos partenaires (Snes et FO) ...Les TZR, malgré eux-elles, arrivés dans un établissement, par hasard, où ils se sont bien intégrés, sont contraints de partir l’année suivante et de laisser derrière eux : investissement, projet en cours, élèves, équipe.... "Merci, allez REBONDIR ailleurs, vous êtes jeunes ! Bavez-en bien !"

    Et ça rebondit...

    Exemple en lettres-modernes : septembre 05 à Othis pour 1 mois... puis allez à Ozoir la Ferrières (hors zone, 4 heures de transport par jour pour 19 à 20 heures de cours...) Le Jeu de l’Oie pour ne pas dire le Pas...

    Après intervention du Sgen-CFDT (secrétaire académique), le rectorat/DPE, pas si sourd, affecte la collègue à Crécy la Chapelle jusqu’en Avril 2006, plus qu’ 1 heure à 2 h de transport... La collègue ira, elle a envie d’enseigner.

    Si, maintenant, on ajoute que même dans les disciplines soit disant excédentaires, les TZR sont fixés à l’année et ne peuvent plus remplacer, ça donne quoi ??? Eh bien : on ne remplace pas et on a recours à la pire forme de précarité que sont les vacations :

    - 6 heures/semaine pour l’année, sans couverture sociale et pas de vacances payées.
    - 200 heures sur un remplacement de moyenne durée qui peut se prolonger... et s’il n’ya pas de crédits pour contractualiser... Au-revoir...

    Et bonjour la continuité pédagogique pour les élèves et la stabilité des équipes, même si un autre vacataire arrive après quelques semaines de battement... pour 200 heures !

    Pendant ce temps là...

    ...les précaires campent devant le rectorat de Créteil et attendent (pour les contractuels) le paiement de leurs indemnités de chômage... Un éventuel réemploi....

    Il ya des élèves sans profs, des classes surchargées en lycée, des élèves sans affectation faute de divisions créées, qui au mieux redoublent leur 3ème en attendant des jours meilleurs... Bonjour le plan pour la réussite des jeunes ! Vous voulez faire sanitaire et social ? Désolé, faites vente ou secrétariat ou redoublez votre 3ème...

    Et l’on voudrait institutionnaliser les remplacement à l’interne payés en HSE, à raison de 5 heures/semaine à concurrence de 60 heures / année, il ya donc de l’argent pour payer... , de qui se moque-t-on ?!

    Agir...

    .....Il serait temps que, sur tous ces sujets brûlants, les fédérations nationales des syndicats de l’E.N. sortent de leurs bureaux-musées, descendent de leur nuage et acceptent de se mettre autour d’une table avec une réelle volonté d’IMAGINER et de CONSTRUIRE ENSEMBLE un vrai rapport de force sans esprit de boutique pour :

    - trouver des solutions humaines et viables en matière de remplacement dans le second degré (à l’instar du 1er degré).
    - réfléchir à une redéfinition des services et du travail interdisciplinaire qui en découleraient forcément.
    - proposer une vraie réponse pour la titularisation sans condition des précaires
    - demander l’arrêt du recours aux concours malthusiens qui n’ont rien à voir avec le métier qu’on va exercer !
    - exiger la validation des acquis de l’expérience !
    - réclamer une formation concrète, l’analyse des pratiques, et l’arrêt des trissotinages qui ruinent la réputation des IUFM !
    - exiger le statut de professeurs associés pour celles et ceux qui n’ont pas la nationalité française...

    Et que l’administration, pas sourde mais, ô combien lâche, arrête :

    - de faire le jeu des organisations qui acceptent la glaciation sous couvert de protestation sans proposition !
    - les jeux convenus (guignolade des boycotts de CTP prévus à l’avance...)

    L’immobilisme syndical arrange bien la droite et les boutiquiers qui se disant plus gauche que la gauche, se nourrissent du mécontentement sans apporter de solutions ou au moins de propositions ; mais quand les gens seront à bout et n’en pourront plus, ils ne contrôleront rien et à ce prix là ce sera Avril 2002 en 2007 !

    Apocalypse Now !

    Anne NGUYEN