Logo

Syndicat général de l'Éducation nationale


SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

  • Accueil
  • > Politiques
  • > Libres propos
  • 6 mai 2006

    Circulaire de rentrée : quelle ambition politique derrière ce catalogue de mesures ?

    La circulaire de rentrée est cette année particulièrement développée. Mais elle passe en revue des mesures structurelles qui pour beaucoup existent déjà : socle commun, apprentissage des langues, orientation, éducation prioritaire... Elle ne permettra pas de faire évoluer positivement notre système éducatif.
    Elle est aussi l’occasion de réaffirmer certaines élucubrations catastrophiques d’un ministre qui connaît si mal l’Éducation Nationale : la confirmation de la mise en place d’une nouvelle doctrine en matière de lecture, argumentée à partir des neurosciences, en est un exemple.

    La circulaire en ligne

    Faire un inventaire de ces mesures serait fastidieux. Deux mesures qui concernent principalement le second degré (paragraphes IX et X) méritent cependant qu’on s’y arrête.

    Le conseil pédagogique

    La mise en place du conseil pédagogique dans les EPLE est, de notre point de vue, une évolution positive dans le fonctionnement des établissements. En effet, tant dans ses fonctions (concertation des enseignants, coordination des enseignements, travail sur la notation et l’évaluation....) que dans son rôle central pour l’élaboration de la partie pédagogique du projet d’établissement, il peut constituer un levier pour modifier les pratiques enseignantes dans les établissements du 2nd degré.

    Mais, malheureusement une fois de plus, nous sommes obligés d’apporter quelques bémols dans la mesure où la possibilité de son fonctionnement matériel n’est même pas abordée : si l’institution souhaitait accorder à ce conseil pédagogique l’importance qu’il mérite, elle aurait donné, au moins symboliquement, les moyens pour qu’il fonctionne. Le travail de mise en place et de réflexion dans les premières années nécessitera sans doute beaucoup de temps si l’on veut que les pratiques évoluent durablement. Une fois de plus il est fait appel à des volontaires selon un large « consensus » qui risque malgré tout d’être improbable.

    Le plan de prévention de la violence

    Autre mesure importante : la validation par le CA d’un plan de prévention de la violence préparé par le CESC. Là aussi, reste à savoir comment pourra être pris en charge de manière collective, objective et partagée ce dossier difficile (les événements récents l’ont montré dans plusieurs établissements) dans les EPLE pour qu’une évolution de fond puisse avoir lieu.

    Ce n’est qu’à ce prix que la volonté réaffirmée de l’administration de garantir aide et assistance aux victimes, personnels comme élèves, aurait un sens.

    Nous restons donc très dubitatifs sur cette circulaire pavée de bonnes intentions qui ne donne pourtant pas les moyens du changement qu’elle prétend impulser...