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Syndicat général de l'Éducation nationale


SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

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  • 6 juin 2006

    Note de vie scolaire

    Avouons-le, on espérait que la note de vie scolaire Fillon serait enterrée par De Robien. Il n’en est rien. L’évaluation chiffrée qui pose déjà problème dans les disciplines d’enseignement est étendue au domaine comportemental ... et cela alors même que la notation pourrait bien être abandonnée dans l’évaluation des fonctionnaires de l’État ! Cette note de vie scolaire ne risque-t-elle pas de changer le lien entre l’élève et le CPE ?

    La note de vie scolaire n’est donc pas morte et, au contraire, devrait dès la rentrée s’étendre non plus aux seules classes de 3ème comme le projet initial le prévoyait mais à l’ensemble des collégiens. Bien entendu, sur le fond, pour nous, les problèmes restent strictement les mêmes :
     Si l’évaluation des « savoir être » est une idée somme toute assez séduisante, le passage par la note est-il bien judicieux ? Pourquoi pénaliser encore un peu plus des élèves dont les difficultés scolaires peuvent s’accompagner de difficultés comportementales (indiscipline, absentéisme) qui seront mises en lumière à travers cette note ?
     Le texte prévoit que la note sera du ressort du chef d’établissement après consultation du conseil de classe. Qui, sérieusement, pense qu’un-e principal-e ou un-e proviseur-e connaît suffisamment tous les élèves de son établissement pour se charger d’attribuer cette note ? Qui, sérieusement, pense que les conseils de classe auront la capacité de s’attarder pour chaque élève sur son absentéisme, son implication dans l’établissement, sa connaissance et son respect des règles de vie ?
     Quels seront enfin les critères d’attribution de cette note ? Quel absentéisme faudra t-il prendre en compte ? Absences justifiées ou non justifiées ? Pour des motifs recevables ou non recevables ? Comment noter un délégué qui assume mal ses fonctions ou un élève qui n’exerce aucune responsabilité tout simplement parce qu’il n’a pas été élu ?

    Les questions soulevées sont encore nombreuses et les réponses bien peu satisfaisantes, quand réponse il y a. Ceci dit, quelle attitude adopter à présent ?

    Etre garant de l’équité ... Nous pensons que les CPE devraient se poser en garant de l’équité de cette note en prenant une part la plus active possible à son élaboration, pourquoi pas par le biais de grilles d’analyses qu’il s’agira de partager (un réseau syndical peut aussi servir à la diffusion de ce genre d’outils). Nous devons prendre activement part aux débats qui ne manqueront pas de s’ouvrir dans les établissements, quitte à en être à l’origine. Les discussions autour de cette note devraient être pour les CPE un moyen d’affirmer leur rôle, leur présence, leurs idées, pourquoi pas d’ailleurs au sein du Conseil Pédagogique qui devrait lui aussi voir le jour en cette rentrée 2006.

    Organiser la résistance passive ... Nous pensons également qu’une résistance passive à cette note dénuée de sens peut s’organiser ; il s’agirait par exemple de décider que chaque élève, quel qu’il soit, soit au minimum noté à la moyenne (10/20 par exemple) afin de ne pas pénaliser un peu plus ceux qui sont déjà dans la (grande) difficulté.

    Il nous reviendra enfin, à travers les instances syndicales, de dresser nos propres bilans et de demander également à l’administration de le faire pour ne pas que se pérennisent des situations inéquitables. Une des spécificités du travail des CPE et de la Vie Scolaire est justement d’offrir à nos élèves un autre type de relation que celle qu’ils entretiennent avec les enseignants. Cette note, confuse, risque bien de changer le sens même de cette relation.

    Olivier Henry