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Syndicat général de l'Éducation nationale


SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

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  • 15 octobre 2006

    Un « pacte éducatif » à construire ... pour lutter contre les inégalités sociales et scolaires


    Résolution adoptée au congrès du Sgen-CFDT Créteil en juin 2005

    Les Sgen-CFDT des trois départements de l’académie de Créteil, réunis dans l’union professionnelle régionale (UPR) de Créteil ont retenu pour le congrès de l’UPR (13 et 14 juin 2005) la question des relations "familles-écoles".

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    Depuis plus de trente ans, les textes officiels s’efforcent de définir clairement et régulièrement les droits des parents : représentation dans les instances, information sur les objectifs pédagogiques, élaboration des règlements. En 1985, les parents obtiennent un droit de refus de l’orientation décidée en conseil de classe. La loi d’orientation de 1989 définit les parents comme les « membres de la communauté éducative. Leur participation à la vie scolaire et le dialogue avec les enseignants et les autres personnels sont assurés dans chaque école et chaque établissement. Les parents d’élèves participent par leurs représentants aux conseils... ». Les textes les plus récents (1999) déterminent les priorités pour favoriser le partenariat école-familles.

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    Les travaux de Bernard Charlot (1999) ont démontré que la « mobilisation » de l’enfant qui est l’une des premières conditions de la réussite, est largement dépendante de l’attitude familiale. Ceux de Gérard Chauveau (1992) mettent en évidence les corrélations entre difficultés d’apprentissage au CP et perturbations des relations école/famille et suggèrent que « la dynamique, à la fois sociale et cognitive, à l’oeuvre au sein du triangle enfant-école-parents est au coeur des processus d’acquisition des savoirs fondamentaux ». S’il y a une « connivence culturelle » de l’école avec les familles de classe moyenne, il existerait « une distance entre école et famille populaire » (Belmont 1999)

    Sgen-CFDT : impliquer tous les acteurs

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    Le Sgen-CFDT constate que le lien naturel qui s’établit à l’école maternelle avec la majorité des parents, lors de l’accueil ou de la sortie des élèves, tend à se distendre progressivement de l’école élémentaire jusqu’au lycée.

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    Si la présence des parents est obligatoire lors de l’inscription et à chaque grande étape de la scolarité, au-delà, leur participation dépend de leur vécu et de leur représentation de l’École, de la qualité d’accueil et d’écoute qu’ils y trouvent, de la confiance qu’ils accordent à l’institution, de l’idée qu’ils se font de leur propre capacité à influer sur la destinée scolaire de leur enfant, de leur connaissance des arcanes du système éducatif...

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    Le Sgen-CFDT constate que l’appel à la participation des parents renvoie plus souvent à la bonne volonté individuelle de ces derniers qu’à la responsabilité collective des équipes.

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    Pour le Sgen-CFDT, reconnaître les parents en tant qu’usagers-citoyens et partenaires de la communauté éducative implique des rencontres dont les objectifs figurent explicitement dans le projet d’école ou d’établissement :
    - accueil et d’information à chaque rentrée ;
    - aide à l’accompagnement et au suivi de l’élève ;
    - communication commentée des résultats d’évaluation (devoir de vérité) ;
    - aide à l’orientation ;
    - incitation à la participation volontaire à la vie de l’école (projets, actions, instances...).

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    L’implication des parents suppose que les enseignants soient préparés et acceptent l’idée de coopérer avec eux dans un esprit d’échange réciproque et de formation mutuelle : décodage du fonctionnement du système éducatif, aide à la motivation des enfants et des jeunes, échanges sur les attentes respectives, information sur le rôle des conseils ...

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    En particulier, les instances qui ont un rôle consultatif doivent mettre fin à la parodie de consultation qui les caractérise trop souvent en s’astreignant au respect de la parole de chacun et à l’écoute bienveillante de tous les participants.

    Contrat et partenariat

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    Le partenariat suppose une égalité de position et la possibilité de l’accepter ou de le refuser. Or les parents n’ont pas le choix de mettre ou non leur enfant à l’école. En le mettant à l’école, ils exercent un droit, celui à l’instruction que, de fait, dans les milieux populaires, seule l’école peut fournir.

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    En ce qui concerne le contrat, il se veut symbolisation d’un départ et référence commune à la Loi, en l’espèce celle de l’établissement, avec d’éventuels aménagements bilatéraux entre partenaires. Il peut jouer un rôle d’appui, de garde-fou et permettre à un élève et à ses parents de se situer. Mais il peut aussi s’avérer une arme de l’institution contre l’élève. Il repose sur la fiction d’un accord entre partenaires autonomes. En fait, il n’y a pas de véritable alternative pour les parents.

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    Si le contrat est bien du point de vue de l’établissement l’obligation faite à l’élève et sa famille de respecter certaines règles il n’est pas pour les parents la garantie que l’établissement mettra en œuvre les moyens les plus appropriés pour faire réussir l’élève. En cas de non-respect du contrat par l’établissement, quel recours auront les parents s’ils pensent, eux, avoir rempli leur partie du contrat ?

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    Faire participer les parents à la vie de l’école suppose le respect mutuel. Repérer les différentes représentations de l’école et les conséquences qu’elles peuvent engendrer est nécessaire à toute action en direction des parents.

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    Le Sgen-CFDT constate que l’emploi croissant des notions de contrat et de partenariat depuis 25 ans n’a pas levé les ambiguïtés qui y sont attachées. Si l’usage symbolique de ces termes dans le cadre de la vie scolaire peut présenter, sous certaines conditions, des vertus pédagogiques, son usage politique dans le cadre réglementaire ne peut être accepté s’il n’est pas accompagné chaque fois de toutes les précautions nécessaires.

    Orientations revendicatives de l’UPR Créteil

    Au niveau de l’Éducation nationale :
    - veiller à ce que les parents soient reçus avec un minimum de respect quand il s’agit d’un entretien individuel : dans un espace de rencontre à l’abri des oreilles indiscrètes ;
    - généraliser à chaque niveau scolaire l’usage du livret d’accueil pour présenter l’établissement, son équipe, ses projets, ses moyens, ses attentes, ses procédures d’évaluation, sa place dans le parcours scolaire de l’élève... ;
    - intégration d’un volet « relations familles-écoles » dans chaque projet d’école ou d’établissement ;
    - former l’ensemble des personnels à l’analyse de pratiques afin d’acquérir la réflexion et la distance nécessaires sur l’acte éducatif qu’ils pratiquent chaque jour ; cette mise à distance doit permettre d’appréhender avec sérénité tout dialogue avec les parents ;
    - former à l’entretien avec les parents afin d’éviter tous les pièges de cet exercice et de le rétablir dans sa fonction : échanger à propos de l’élève ;
    - former à la rencontre collective afin que les écueils d’asphyxie des parents par le discours enseignant ou de procès des enseignants par les parents soient évités ;
    - donner les moyens aux équipes enseignantes d’informer réellement les parents des enjeux liés à telle ou telle formation ou orientation ;
    - combattre les préjugés sociaux et sexistes en matière d’orientation.

    Au niveau de l’État
    - légaliser les autorisations d’absence dans les administrations et les entreprises pour participer aux différentes instances (conseils départementaux et académiques de l’Éducation nationale, conseil d’école, conseil d’administration, équipe éducative, conseil de classe...) et mettre en place un fond d’indemnisation des salaires ;
    - inciter les collectivités locales et les associations d’aide aux familles, dans le cadre des CEL, à développer des postes de médiateur famille-école pour les familles en grande difficulté.