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Syndicat général de l'Éducation nationale


SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

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  • 4 novembre 2006

    Il n’y a pas lieu d’imposer une unique méthode d’enseignement de la lecture.


    Robien lâché par les scientifiques titre Libération

    Voilà ce que disent les chercheurs que le ministre instrumentalise pour imposer sa conception archaïque de l’enseignement de la lecture.

    Les récents débats sur les méthodes d’enseignement de la lecture ont conduit un certain nombre de chercheurs en psychologie cognitive, neuropsychologie et sciences de l’éducation à rappeler les résultats des études d’évaluation de l’efficacité des différentes méthodes, et à formuler notamment les recommandations suivantes :

    - Il faut enseigner les relations graphèmes-phonèmes (entre les lettres et les sons) de manière systématique et explicite, dès le début du cours préparatoire.

    - Il existe de nombreuses manières d’enseigner les relations graphèmes-phonèmes : des approches synthétiques, combinant les phonèmes pour construire les syllabes et les mots ; des approches analytiques, décomposant les mots en syllabes et en phonèmes ; et des approches combinant à divers degrés les deux précédentes. Les études d’évaluation ne font pas ressortir de différences significatives d’efficacité entre ces différentes approches.
    Les résultats scientifiques actuels suggèrent donc d’écarter les méthodes qui n’enseignent pas les relations graphèmes-phonèmes, ou qui ne les enseignent pas de manière explicite et systématique, ou qui ne les enseignent pas suffisamment tôt (souvent appelées "méthodes globales", ou selon les acceptions, correspondant à une partie des méthodes globales). Toutes les autres méthodes semblent acceptables.
    L’arrêté de mars 2006 modifiant les programmes d’enseignement de l’école primaire a précisé les programmes de 2002, en restreignant l’éventail des méthodes d’enseignement de la lecture recommandées précisément à celles suggérées par les travaux scientifiques. Il s’agit donc là d’une évolution positive.

    Conformément aux résultats scientifiques, les nouveaux programmes laissent aux enseignants le choix entre les nombreuses méthodes utilisant des approches synthétiques, analytiques, ou une combinaison des deux, dans la mesure où, quelle que soit la méthode choisie, l’enseignant prend soin d’enseigner les correspondances graphèmes-phonèmes, afin de développer l’automatisation de la reconnaissance des mots et la compréhension.

    Compte tenu des textes de loi définissant les programmes, et compte tenu des travaux scientifiques qui les inspirent, il n’y a donc pas lieu d’exiger des enseignants le recours à une méthode unique. Il n’y a notamment pas lieu de leur imposer l’usage d’une méthode exclusivement synthétique (parfois appelée "la méthode syllabique").

    Franck Ramus,
    Chargé de Recherches au CNRS,
    Rémi Brissiaud,
    Maître de Conférences à l’IUFM de Versailles


    Co-signataires du texte
    « Il n’y a pas lieu d’imposer
    une unique méthode d’enseignement de la lecture »

    Mireille Bastien-Toniazzo, Maître de Conférences à l’Université de Provence
    Séverine Casalis, Maître de Conférences à l’Université Lille 3
    Sylvie Cèbe, Professeur à l’Université de Genève
    Lucile Chanquoy, Professeur à l’Université de Nice-Sophia Antipolis
    Pascale Colé, Professeur à l’Université de Savoie
    Alain Content, Professeur à l’Université Libre de Bruxelles
    Marcel Crahay, Professeur à l’Université de Genève
    Jean-François Démonet, Directeur de Recherches à l’INSERM
    Jean Ecalle, Maître de Conférences à l’Université Lyon 2
    Michel Fayol, Professeur à l’Université Clermont-Ferrand II
    Jacques Fijalkow, Professeur à l’Université Toulouse II
    Daniel Gaonac’h, Professeur à l’Université de Poitiers
    Roland Goigoux, Professeur à l’IUFM d’Auvergne
    Jean-Emile Gombert, Professeur à l’Université Rennes 2
    Jacqueline Leybaert, Chargée de Cours à l’Université Libre de Bruxelles
    Annie Magnan, Professeur à l’Université Lyon 2
    José Morais, Professeur à l’Université Libre de Bruxelles
    Laurence Rieben, Professeur à l’Université de Genève
    Liliane Sprenger-Charolles, Directrice de Recherches au CNRS
    Sylviane Valdois, Directrice de Recherches au CNRS
    Annick Weil-Barais, Professeur à l’Université d’Angers
    Pascal Zesiger, Professeur à l’Université de Genève
    Johannes Ziegler, Directeur de Recherches au CNRS



    Ni les programmes, ni aucune circulaire n’impose de réintroduire des méthodes syllabiques qui ont été en vigueur durant des décennies avec les médiocres résultats et les graves inconvénients qu’on connaît. L’enseignement de la lecture n’a rien à voir avec l’ânonnement syllabique, le b-a ba qui résume la pensée ministérielle. L’enseignement de la lecture ne se réduit pas à l’apprentissage du déchiffrage.