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Syndicat général de l'Éducation nationale


SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

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  • 4 novembre 2006

    Enseignement de la lecture : 2 ou 3 choses utiles à faire savoir pour éviter les faux débat


    Apprendre à lire, pas si simple !

    Le ministre de l’Éducation Nationale a jugé bon d’ouvrir une polémique sur l’apprentissage de la lecture à l’école en se situant sur le débat des méthodes. Ce débat est dépassé. C’est ce que montrent les résultats de l’école, les travaux des chercheurs et l’expérience des enseignants.

    « Apprendre à lire, pas si simple »

    Extraits

    Méthodes syllabique, globale ou mixte ont laissé place à de nouvelles pratiques forgées progressivement au cours des trente dernières années. Ces approches sont cohérentes avec les résultats des recherches scientifiques récentes. Elles mettent en oeuvre simultanément la maîtrise du code et la compréhension. Elles sont conformes aux programmes de 2002.

    Qu’est-ce que lire ?

    Lire c’est toujours chercher à comprendre, qu’il s’agisse de lire une histoire, de trouver son chemin sur une carte, de résoudre un problème de mathématiques.
    - C’est savoir reconnaître des signes écrits qui forment des mots.
    - C’est avoir une connaissance des mots dans leur version orale et écrite.
    - C’est savoir que les mots et les signes de ponctuation s’organisent pour produire des phrases, que les phrases sont organisées pour produire un texte qui a du sens.
    - Lire c’est aussi comprendre ce qui n’est pas écrit, faire appel à des souvenirs, à des connaissances, à des expériences personnelles, c’est entrer en relation avec un interlocuteur absent.
    - Lire c’est entrer dans le monde des grands, découvrir un monde complexe et s’y confronter.
    - Lire c’est éprouver du plaisir.

    Sans cycle, l’école fait du sur place

    L’apprentissage de la lecture prend une grande place au CP mais, de fait, commence bien avant, avec l’échange entre parents et enfants, puis avec des découvertes multiples (histoires racontées, livres lus, albums...)
    L’école maternelle joue un rôle dans cet apprentissage. Tout d’abord parce qu’elle accompagne l’accès à la langue orale. L’enfant apprend à communiquer, à s’exprimer, à penser. Tout au long du cycle 1, elle va favoriser la fréquentation de textes écrits, augmenter le “ trésor ” des mots des enfants.
    Par les textes produits avec les enseignants, la correspondance aux parents, la reconnaissance de mots quotidiens, elle va faire travailler les relations entre mots écrits et mots entendus.
    Travailler en cycle permet de respecter les cheminements et les démarches, de ne pas pénaliser les enfants qui entrent au CP très jeunes.

    Le temps du CP

    La lecture au CP installe des relations entre parler, lire et écrire dans un climat de confiance car, pour apprendre à lire, les enfants doivent s’aventurer dans des textes nouveaux en s’appuyant sur des mots qui ont du sens pour eux. Pour découvrir le sens d’un texte, le lecteur débutant repère les mots déjà connus et émet des hypothèses à partir du contexte.
    Émettre des hypothèses est une démarche qui n’a rien à voir avec “la devinette ”. Le jeune lecteur peut confronter ses hypothèses avec celles des autres enfants, l’apprentissage de la lecture est à la fois social et individualisé. L’enfant qui mobilise ainsi son attention construit une nouvelle relation avec la langue écrite qui devient objet d’étude.
    Cela passe par :
    - la découverte des analogies, c’est-à-dire ce qui s’entend pareil, ce qui s’écrit pareil, par exemple « plage » ça finit comme «  image ».
    - des exercices techniques et systématisés pour faire travailler la correspondance entre les sons et les lettres ou groupes de lettres.
    - des exercices de compréhension de texte, de mémorisation, d’apprentissage des structures et de reconnaissance des mots.

    Question de méthode

    Les méthodes d’apprentissage utilisées combinent l’approche globale des mots et le déchiffrage.
    - La méthode dite globale n’est pas utilisée en France aujourd’hui. Le fait qu’un enfant connaisse par cœur des mots et qu’il en devine d’autres ne signifie pas que l’enseignant applique cette méthode.
    - La méthode syllabique “ pure ” est aussi rarement utilisée. Elle oblige en effet à faire lire pendant de longues semaines des syllabes, des mots et des phrases qui ont peu de sens pour les enfants, ce qui a découragé dans le passé plus d’un élève.
    - Qu’elles utilisent un manuel de lecture, des albums de jeunesse, ou d’autres supports, les méthodes initient leurs élèves non seulement au déchiffrage mais également à la morphologie, à la syntaxe, à la compréhension de véritables textes, ainsi qu’à l’écriture.

    La dimension sociale et culturelle

    Apprendre à lire, ce n’est pas seulement une question de méthode ou de choix de manuel. À l’école, dans la famille, au centre de loisirs, à la bibliothèque de quartier ou dans la maison des associations, lire, c’est nécessaire pour vivre en société.
    Que les parents maîtrisent ou non la langue française, ils apportent toujours une aide, même pour l’apprentissage de la lecture. D’abord en étant étroitement associés à la scolarité de leur enfant : la qualité des relations familles-école, le fait que parents et enseignants avancent ensemble, tout cela sécurise l’enfant et lui donne confiance.


    Organisations signataires du texte
    « Apprendre à lire, pas si simple »

    AGIEM (Association Générale des enseignants des Ecoles Maternelles publiques)
    AIRDF (Association Internationale pour la recherche en didactique du français)
    CRAP (Cahiers Pédagogiques)
    ICEM (Institut Coopératif de l’Ecole Moderne)
    FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves)
    GFEN (Groupe Français pour l’Education Nouvelle)
    LIGUE de l’ENSEIGNEMENT
    SNUipp-FSU (Syndicat National Unitaire des Instituteurs et Professeurs des Ecoles)
    SE-UNSA (Syndicat des Enseignants)
    SGEN-CFDT (Syndicat Général de l’Education Nationale)
    AFEF (Association française des enseignants de français)
    SI.EN-UNSA (Syndicat de l’Inspection de l’Education Nationale)
    SNPIEN-FSU (Syndicat des personnels d’inspection de l’Education Nationale)


     

     

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