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Syndicat général de l'Éducation nationale


SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

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  • 28 janvier 2007

    Carte scolaire 2007 dans le Val-de-Marne : un projet de suppression des enseignants itinérants


    Pétition urgente

    Un projet de suppression des enseignants itinérants a été évoqué en conseil d’IEN. La rumeur ne dit pas comment les IEN ont réagi ni si un tel projet s’inscrirait dans une politique cohérente d’accompagnement de la scolarisation des enfants handicapés.
    Toujours est-il que les itinérants, c’est-à-dire les premiers intéressés, n’en ont pas été informés. Résultat : pétition, courriers au Recteur, au Ministre, aux élus..., interview dans le Parisien, rencontre avec le Conseil général... et entrevue, mieux vaut tard que jamais, à l’Inspection d’académie.

    La concertation connaît de sérieux ratés
    dans le Val-de-marne

    Une quarantaine de personnes étaient présentes à l’Inspection d’académie vendredi soir : outre les itinérants eux-mêmes, les représentants syndicaux, le secrétaire départemental de la FCPE, des parents d’enfants handicapés, un représentant du Conseil général...

    L’inspecteur d’académie n’a pas voulu les recevoir ensemble, ce qui, dans cette affaire, accentue un peu plus la défiance à son égard.
    - Ne doit-on pas, en effet, attendre, d’un représentant de l’État qu’il prenne la peine et le temps d’informer, de consulter et d’écouter les personnels dont il envisage de modifier la mission ?
    - Ne peut-on attendre d’un représentant de l’État qu’il s’explique face aux personnes qui sont venues le rencontrer sans donner l’impression de vouloir les diviser ?

    Deux réunions se sont donc tenues. L’Inspecteur d’académie a reçu les parents et les élus de son côté tandis que M. Gante (IEN adjoint à l’IA chargé des questions du premier degré) et Madame Niquet (IEN ASH) recevaient les enseignants itinérants, les représentants syndicaux et le secrétaire départemental de la FCPE.

    Cette seconde réunion à laquelle le Sgen-CFDT était présent a été houleuse.
    Elle a permis de confirmer, cette fois officiellement, qu’un projet de fermeture de tout ou partie des postes d’enseignants itinérants existait bien avec l’idée de transformer ces postes en postes de maîtres référents.

    Ainsi va l’Éducation nationale

    Il semblerait que ce projet ait été conçu très récemment en prévision des opérations de carte scolaire. Si une telle explication permet de comprendre pourquoi les premiers intéressés n’en ont même pas été informés, elle amène aussi à constater de très sérieux problèmes dans le fonctionnement de l’Inspection d’académie du Val-de-Marne. Envisager au dernier moment des questions qui sont prévisibles depuis longtemps est inexplicable autrement.

    - La loi du 11 février 2005 était en discussion depuis des années. Il était possible à l’Éducation nationale de s’y préparer : elle ne l’a fait à aucun niveau.
    - Les décrets d’application ont certes tardé mais l’essentiel de leur contenu était suffisamment connu pour, là encore, anticiper les décisions à prendre : cela n’a pas été fait.
    - L’Éducation nationale a tardé, à son tour, à publier ses propres circulaires d’application mais la loi ne s’appliquerait-elle pas avant d’avoir l’imprimatur du ministère ?
    Pour l’installation des référents, les inspecteurs d’académie ont reçu des instructions en mai 2006 :  [1] huit mois n’ont pas suffi pour apprécier les besoins, informer les personnels...

    Il y a lieu ensuite de s’inquiéter du décalage entre l’Inspection d’académie et ses interlocuteurs dans cette affaire.
    Penser que les enseignants itinérants seraient rassurés d’apprendre qu’ils sont fonctionnaires et qu’ils conserveraient leur emploi même si leur poste était fermé constitue une sérieuse erreur d’appréciation ;
    Mais s’entendre dire « vous êtes des fonctionnaires » (comme si la chose n’allait pas de soi), « quand on est fonctionnaires, on ne se demande pas si on est d’accord ou pas » dénote une conception des rapports entre la hiérarchie et les personnels passablement éloignée de l’État moderne dont on nous rebat les oreilles.

    Les raisons de fond

    Il nous a surtout été dit que cette loi constituait une révolution qui allait obliger à tout reconsidérer et que la complexité même du nouveau dispositif expliquait les retards et les malentendus ... comme l’oubli d’informer les personnels concernés.
    L’inspection d’académie a besoin de maîtres référents et considère que les personnels les mieux préparés à assumer cette tâche sont les enseignants itinérants.
    Il a été précisé qu’il n’y avait pas de projet de réduction des moyens consacrés à l’ASH. [2]

    Itinérants - référents : mêmes fonctions ?
    Les échanges sur ce thème ont révélé un très net manque d’information de part et d’autre :
    - L’IEN responsable des enseignants itinérantas a donné l’impression de mal connaître le travail accompli par ceux-ci au point de leur demander des documents qu’ils affirment avoir transmis (bilan, projets individuels, calendriers...).
    - Personne ne semblait savoir avec précision les missions et la nature du travail demandé et effectivement accompli par les maîtres référents. [3]

    Les enseignants itinérants ont insisté sur l’importance de leur présence auprès des enfants, auprès des enseignants, auprès des familles, c’est à dire dans l’école.
    C’est peu de dire qu’ils n’ont pas été convaincus par l’affirmation que les référents seraient aussi sur le terrain et qu’ils ne seraient pas la continuité des secrétaires de CCPE plus occupés à monter des dossiers dans un bureau et à assister à des réunions.

    En savoir plus sur la travail des enseignants itinérants

    Tous les représentants présents ont été d’accord pour affirmer qu’il serait inadmissible que l’aide concrète apportée par les enseignants itinérants disparaissent ou diminue au moment où les besoins vont croître.

    La demande, unanime, est donc de renoncer au projet de suppression/transformation des enseignants itinérants et, au contraire de renforcer ce dispositif en particulier en ce qui concerne le handicap mental.

    Conclusion provisoire

    Il y a des raisons de penser que l’Éducation nationale n’est pas trop pressée de tirer toutes les conséquences de la loi du 11 février 2005 car, dans une période de stagnation budgétaire, il lui faudrait procéder à des redéploiements qui seront sources de résistances voire de conflits.

    Durant des années, les ministères de l’Éducation nationale et de la Santé ont eu les plus grandes difficultés à collaborer pour faciliter l’intégration scolaire des enfants handicapés, chaque ministère tenant à conserver ses personnels et à éviter la prise en charge de dépenses supplémentaires.
    Cette situation n’a pas de raison de changer avec l’arrivée d’un nouvel acteur : le Conseil général et la MDPH.
    Dans ce billard à trois bandes, les seuls perdants risquent d’être les enfants, les familles et tous les personnels qui s’occupent quotidiennement des enfants handicapés.

    Il y a enfin de quoi s’étonner du mode de fonctionnement de l’inspection d’académie dans le Val-de-Marne dans cette affaire : pas de bilan, pas d’instructions écrites, pas de réunions d’information en direction des personnels et de leurs représentants. Jusqu’à lors les récriminations restaient sourdes et peu organisées. Espérons qu’en mettant les pieds dans le plat, les itinérants auront montré les limites de ce fonctionnement en circuit fermé et que la question de la scolarisation des enfants handicapés va enfin pouvoir être débattu ouvertement en particulier lors du prochain CDEN.


    Nous considérons que la meilleure manière
    de défendre un dispositif
    est d’en démontrer l’utilité.

    C’est le moment ou jamais de témoigner auprès de l’Inspection d’académie du rôle des enseignants itinérants auprès d’élèves, d’enseignants et de familles de votre école.
    C’est le moment ou jamais de signer et faire signer la pétition des enseignants itinérants.


    [1] Scolarisation des élèves handicapés : préparation de la rentrée 2006
    Circulaire 2006-119 du 31-7-2006
    Les inspecteurs d’académie, directeurs des services départementaux de l’éducation nationale, ont été chargés (note Desco n°2006-86 du 5 mai 2006) de fournir aux enseignants référents toutes les informations nécessaires. Les enseignants spécialisés appelés à exercer ces fonctions ont été réunis dès avant la fin de l’année scolaire 2005-2006. Ces réunions ont eu pour objet de mobiliser ces personnels en mettant en évidence les continuités, mais aussi les changements, avec l’exercice professionnel qui était le leur auparavant.

    [2] Notons que l’administration est plus rapide à changer le vocabulaire que la réalité et qu’elle n’a pas le moindre scrupule à reprendre le malheureux qui continuerait de s’embrouiller dans les sigles et autres dénominations.
    Sachez donc qu’on ne parle désormais plus d’AIS (adaptation et intégration scolaire mais d’ASH c’est à dire d’adadptation et scolarisation des enfants handicapés !

    [3] Le Sgen-CFDT a demandé que soit rendue publique la lettre de mission adressée aux maîtres référents. Un courrier est envoyé à l’Inspecteur d’académie pour confirmer cette demande.


     

     

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