Logo

Syndicat général de l'Éducation nationale


SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

  • Accueil
  • > ECOLES
  • > Enseignement spécialisé
  • > Enseignement spécialisé dans le Val-de-Marne
  • 11 février 2007

    Quel sera le rôle des enseignants référents pour la scolarisation des enfants handicapés (ERSH) dans le Val-de-Marne en 2007 ?


    Manque d’information précise et mécontentement dominent chez tous ceux qui s’intéressent de près à la question de la scolarisation des enfants handicapés dans le Val-de-Marne.
    Le Sgen-CFDT a rencontré l’Inspecteur d’académie le mercredi 31 janvier afin d’éclaircir au moins quelques points : Comment seront implantés les enseignants référents pour la scolarisation des enfants handicapés (ERSH) ? Leur rôle sera t-il identique à celui des ex-secrétaires de CCPE ? Iront-ils dans les classes ?...

    Constats de départ

    Il n’y a eu, à notre connaissance et jusqu’à présent ni lettre de mission, ni explication claire sur les tâches que les enseignants référents auront à effectuer. Les enseignants spécialisés itinérants ont appris qu’on les destinait à devenir enseignants référents sans qu’aucune précision ne leur ait été donnée.

    À quelques jours de l’ouverture du mouvement, ce sont des postes que l’on peut qualifier de "non identifiés" dans la mesure où les candidats éventuels seront mal informés sur ce qu’on attend d’eux, leur lieu de travail, l’ampleur de la tâche...

    Aux enseignants spécialisés itinérants, il a été dit qu’ils avaient les compétences attendues pour devenir enseignants référents et qu’en le devenant, ils continueraient à faire ce qu’ils font déjà aujourd’hui : aller dans les classes auprès des élèves.
    D’ailleurs, le journal Le Parisien du 8 février rapporte un propos tenu dans ce sens par l’Inspecteur d’académie : "Les professeurs référents continueront d’aller dans les classes"

    Pourtant, les quelques points de vue d’ex-secrétaires de CCPE que nous avons entendus jusqu’à lors ne vont pas dans ce sens pour deux raisons :
    - certains pensent que ce ne sera pas leur rôle d’aller dans les classes ;
    - d’autres voient surtout qu’une présence sur le terrain a peu de chance d’être possible vu le nombre d’enfants qu’il faudra suivre.

    À première vue, il nous paraît impensable que les enseignants référents puissent s’occuper de tous les cas avec la même compétence surtout si leur rôle n’est plus seulement de "préparer des dossiers" comme le faisaient les ex-secrétaires de CCPE selon Madame Niquet, IEN ASH.

    Que dit l’arrêté du 17 août 2006
    des missions des enseignants référents ?

    Article 3
    L’enseignant référent exerce principalement ses missions en application des décisions de la commission des droits et de l’autonomie et en vue de favoriser leur réalisation. Il veille à la continuité et à la cohérence de la mise en œuvre du projet personnalisé de scolarisation et il est l’interlocuteur principal de toutes les parties prenantes de ce projet. Il assure un lien permanent avec l’équipe pluridisciplinaire prévue par l’article L. 146-8 du code de l’action sociale et des familles, dont il est le correspondant privilégié.

    Ces quelques lignes appellent des précisions qui conditionneront le nombre d’enseignants référents nécessaires.

    - Le mot principalement laisse entendre que l’enseignant référent n’est pas purement et simplement l’exécutant des décisions la commission des droits et de l’autonomie.
    Il laisse aussi ouverte la possibilité d’aider les parents dans leurs démarches auprès de la Maison des personnes handicapées (MDPH) avant toute décision de la Commission des droits et de l’autonomie.

    - "interlocuteur principal", "correspondant privilégié", la réglementation fait de l’enseignant référent "un acteur central des actions conduites en direction des élèves handicapés" ce qui devrait comporter trois conséquences :
    - la capacité à prendre des initiatives dépendra beaucoup du temps dont il dispose c’est à dire du nombre d’enfants à suivre ;
    - la liberté d’exprimer les besoins de l’enfant et de rapporter loyalement le point de vue de tous les partenaires auprès de la Commission des droits et de l’autonomie ;
    - la nécessité de connaître chaque enfant non au travers du seul dossier, des seuls propos tenus sur lui par les uns et les autres mais aussi pour l’avoir observé, aidé, suivi dans son parcours.

    Le point de vue de l’Inspecteur d’académie

    Pour lui, l’année en cours est une année de transition. C’est pourquoi les postes des maîtres itinérants et des secrétaires de CCPE sont restés en l’état.
    la loi du 11 février 2005 apporte un grand changement : le « changement d’opérateur » et le pilotage départemental. La section « Enfants » de la MDPH n’a commencé à fonctionner qu’en septembre, ce qui explique une partie du retard pris. Tout serait désormais en place.

    Les missions des enseignants référents sont clairement définies dans la loi et la circulaire d’application :
    - Aider à construire les PPS avec les différents partenaires.
    - Accompagner chaque enfant individuellement, donc être aussi dans l’école et dans la classe.
    - Montage des dossiers.

    L’[IA crée 30 postes d’enseignants référents-573] et ferme tous les postes de secrétaires de CCPE et de maîtres itinérants. Les personnels en exercice sur ces postes étant prioritaires pour postuler sur les postes créés. Selon lui, cette transformation était prévisible à la lecture de la réglementation. Il s’agit d’un nouveau métier.

    À la demande du Sgen-CFDT d’une formation puisqu’il s’agit d’un nouveau métier, l’IA répond par l’affirmative.

    Si le district est choisi comme unité administrative d’implantation des postes, il ne s’agit en aucun cas d’enfermer le système dans un découpage géographique strict, en particulier en ce qui concerne l’accompagnement des élèves. Il est évident que les différentes spécialisations seront prises en compte pour que l’accompagnement des élèves se fasse au plus près de leurs besoins. Les enseignants référents d’un même district forment une équipe.

    Les tâches administratives sont allégées car c’est à la Maison du handicap de monter le dossier.

    L’école n’a aucune compétence à poser un diagnostic. Si le handicap n’a pas été repéré avant l’entrée à l’école, il doit être faire appel au médecin scolaire (à noter que seul le médecin est habilité à poser un diagnostic) pour dialoguer avec la famille et l’amener à faire les démarches nécessaires à la mise en place du dispositif, une fois l’équipe éducative réunie.

    Ce que le Sgen-CFDT en pense

    Les précisions apportées par l’IA sont loin d’éclaircir tous les problèmes rencontrés concrétement dans les écoles :
    - La disponibilité des médecins scolaires risque d’être bien insuffisante pour apprécier les nombreux cas de troubles d’origine mentale ou psychologique.
    - Une fois posé le diagnostic du médecin, le temps qu’il faut consacrer à convaincre et accompagner la famille dans ses démarches auprès de la MDPH peuvent être longues et difficiles : impossible d’imaginer que la seule action du médecin scolaire puisse suffire.
    - Comment espérer que les enseignants référents pourront assumer aussi le travail fait jusqu’à présent par les enseignants itinérants sachant que pour 30 personnes il y a déjà actuellement 2378 enfants handicapés scolarisés à suivre.

    En conclusion, si les personnels et les écoles n’ont pas une idée très claire du nouveau métier d’enseignant référent et des modalités de la nouvelle organisation qui est censée se mettre en place, ce qu’ils savent, en revanche, c’est l’utilité de l’intervention des itinérants auprès des élèves et des enseignants et qu’elle risque de disparaître.

    Le Sgen-CFDT demande de renoncer à la suppression des postes d’itinérants et l’augmentation de tous les moyens qui permettent de compenser effectivement les conséquences du handicap.