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SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

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  • 6 mars 2007

    Scolarisation des enfants handicapés : itinérants/référents même travail ?


    Compte-rendu de la réunion au Rectorat - 14 février 2007

    Mercredi 14 février, Madame Ouanas, représentant le Recteur de l’académie de Créteil, accompagnée de Madame Courteix, responsable de la mission pour l’intégration des élèves en situation de handicap, et de Monsieur Jouault, Inspecteur d’académie du Val-de-Marne, a reçu une délégation composée d’enseignants spécialisés itinérants et de représentants syndicaux.

    Cette rencontre qui a duré plus de deux heures a permis d’aborder le fond du problème – préserver la mission d’aide aux enfants handicapés assurée par les 13 enseignants spécialisés itinérants – et les conséquences administratives de la décision de l’Inspecteur d’académie de supprimer les 13 postes d’enseignants spécialisés itinérants.

    Sur le fond :
    malgré les assurances verbales de l’Inspecteur d’académie...

    La réunion s’est conclue sur une affirmation de l’Inspecteur d’académie qui aurait épargné beaucoup de malentendus si elle avait été formulée dès le départ : en devenant enseignants référents, les enseignants itinérants auront à « faire, avec des différences, le même métier ». Si les différences n’ont pas été clairement exposées, il ressort néanmoins quelques précisions importantes :
    - Les enseignants référents constitueront un dispositif départemental.
    - Les affectations par districts sont indicatives et sujettes à adaptation chaque année.
    - Les besoins du département devront être appréciés collectivement et les ressources mises en commun.
    - Les enseignants référents ne seront pas sous la responsabilité des IEN de circonscription mais de l’IEN ASH chargé de piloter le dispositif en liaison avec la MDPH.
    - L’essentiel des tâches de nature administrative qui étaient jusque là assumées par les secrétaires de CCPE le seront progressivement par des personnels recrutés par la MDPH.

    ... plusieurs raisons incitent à un certain scepticisme

    1 - La teneur des propos tenus par madame Courteix en début de réunion ne laissait pas augurer une telle conclusion. Ces propos laissaient plutôt penser que l’important, selon elle, résidait moins pour le moment dans les aides pédagogiques (« Nous aurons sans doute à y penser », « Nous ne sommes plus dans une logique de prise en charge »,) que dans la mise en place d’un interlocuteur unique. Sa conviction, plusieurs fois répétée, d’une nécessaire évolution des fonctions des enseignants spécialisés itinérants (« Il faut que désormais vous pensiez… », « Ce dont il faut que vous preniez la mesure… », « Il vous faut prendre acte… ») n’est apparue fondée :
    - ni sur une analyse de la réalité vécue par des professionnels qui s’occupent pourtant depuis de longues années de la scolarisation des enfant handicapés (au point d’affirmer que les enseignants spécialisés itinérants n’exercent pas dans le cadre de la compensation du handicap) ;
    - ni sur une perception claire du travail qui devra être accompli par les enseignants référents.

    Son insistance à déduire de la loi du 11 février 2005 des conséquences démenties dans d’autres académies (comme la suppression des enseignants spécialisés itinérants) est apparue comme un moyen spécieux de venir au secours d’un Inspecteur d’académie responsable d’une mesure qui n’a manifestement pas été préparée convenablement.

    De même, son rejet, par la suite, de la plupart des arguments qui lui ont été opposés donnait moins l’impression d’un désir d’écoute et d’échange constructif que d’une volonté d’expliquer le sens de la loi à des interlocuteurs qui comprenait mal.

    2 – Un constat est resté sans réponse : les ex-secrétaires de CCPE, abusivement rebaptisés enseignants référents cette année, ne semblent pas avoir été convenablement informés de leur mission à venir au point de faire savoir collectivement que leur mission ne consistait pas, selon eux, à se rendre dans les classes et à assumer des tâches semblables à celles des enseignants spécialisés itinérants.
    Ce décalage laisse mal augurer de la suite. Il résulte en partie du choix très contestable qui a été fait de ne pas associer les enseignants spécialisés itinérants aux réunions de travail organisées pour les enseignants référents cette année.

    Sur la forme

    Il a été rappelé que les enseignants spécialisés itinérants, alertés début octobre, au détour d’une réunion, d’une « évolution de carrière » les concernant n’ont, par la suite, été ni consultés ni même informés de ce qui se préparait à leur sujet. Les questions purement matérielles évoquées par le chargé de mission délégué auprès d’eux ne laissaient pas présager la suppression de leurs postes. Et quand la nouvelle en a été officieusement connue, quelques jours avant le début des opérations de carte scolaire, la difficulté à être reçu a fait naître un sentiment de colère devant un tel mépris.

    Tandis que Mme Courteix parlait de « quiproquo et de malentendus », M. Jouault donnait raison aux enseignants spécialisés itinérants sur deux ou trois points et reconnaissait de sérieux « ratés de communication » :
    - les réunions ont été réservées aux ex-secrétaires de CCPE avec l’idée qu’ils étaient les plus éloignés des fonctions d’enseignants référents ; il reconnaît que ce choix n’a pas été judicieux et parle d’une « configuration d’action » qui va changer ;
    - les tâches accomplies par les enseignants spécialisés itinérants et leurs compétences ne sont pas mises en cause : il n’y a pas diminution du nombre de professionnels chargés de l’aide à la scolarisation des enfants handicapés mais augmentation de 13 (les enseignants spécialisés itinérants actuels) à 30 (les enseignants référents) et s’il faut que ce soit plus l’an prochain, des postes seront créés ;
    - la MDPH n’était pas prête cette année à assumer la partie administrative qui lui échoit désormais et qui a continué d’occuper les ex-secrétaires de CCPE cette année ; il devrait en être progressivement autrement ; des agents ont été recrutés par la MDPH à cette fin.

    Madame Courteix a conclu en précisant que les enseignants référents sont d’abord utiles pour leurs compétences pédagogiques et qu’elle comptait sur les réunions préparatoires qui se tiendront d’ici la rentrée pour mettre au point le nouveau dispositif, « se mettre en ordre de marche… »

    Sur les conséquences administratives

    Pour l’Inspecteur d’académie il ne devrait pas y avoir de laissés pour compte dans l’opération qu’il entreprend. Il envisage même l’éventualité qu’il y ait moins de candidats (ex-secrétaires de CCPE et enseignants spécialisés itinérants) que de postes d’enseignants référents à pourvoir (30). Auquel cas, il ferait appel à des candidats issus du second degré puis, si besoin est, à d’autres candidats issus du premier degré.
    C’est d’ailleurs pour ces derniers que l’entretien « pour vérifier l’adaptation des compétences à l’emploi » se justifie pleinement. « En ce qui vous concerne la question ne se pose évidemment pas » a-t-il été dit aux enseignants spécialisés itinérants. Il a même été ajouté qu’il n’y aurait pas de rejet à l’issue de l’entretien concernant les enseignants spécialisés itinérants.

    Les enseignants spécialisés itinérants recevront dans les prochains jours un courrier comme tous les personnels faisant l’objet d’une mesure de carte scolaire. Ils bénéficieront d’une priorité absolue sur les postes d’enseignants référents. Les affectations se feront suivant la spécialité puis selon « les éléments de barème ».

    Les trois postes spécialisés qui, dans un premier temps, avaient été étiquetés « maîtres formateurs provisoires » seront destinés à être pourvus par des maîtres formateurs l’année prochaine. Ils seront, cette année, étiquetés « postes spécialisés rattachés à la 21e circonscription » et il sera proposé aux postulants de devenir IMF.

    Concernant les conséquences indemnitaires (perte de la NBI), l’Inspecteur d’académie a assuré que les services du Rectorat travaillaient sur cette question afin de faire qu’aucun personnel ne voit ses ressources « altérées » (sic). Pour les indemnités de déplacement, l’idée est de fonctionner désormais, non plus au forfait, mais au cas par cas.

    Pour ces questions comme pour celles qui ont trait à l’organisation du travail (lieux, équipement), l’Inspecteur d’académie annonce une réunion de travail en sa présence avec l’ensemble des enseignants spécialisés itinérants dès la rentrée des congés d’hiver.

    Émile Pinard
    Sgen-CFDT 94