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Syndicat général de l'Éducation nationale


SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

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  • 16 mars 2009

    Audience du Sgen-CFDT 9-3-4 avec l’Inspecteur d’Académie de Seine-Saint-Denis


    Mercredi 4 février 2009, Monsieur Auverlot nous a reçu pendant plus de 2 heures sur des thématiques variées


    Nous vous proposons un compte-rendu complet de cette audience.
    Bonne lecture

    Fonctionnement des instances départementales

    La scolarisation des handicapés

    Le Sgen-CFDT est intervenu pour rappeler qu’il tenait à la réunion du Groupe handiscol. En effet, même si depuis 2005 il ne constitue plus une obligation, il permet la rencontre des différents acteurs de la prise en charge du handicap autour des questions liées à la scolarisation des enfants handicapés.
    Monsieur Auverlot nous a annoncé qu’il serait réuni le 27 mars 2009.
    Nous avons rappelé qu’il était intéressant de le réunir plus tôt dans l’année scolaire afin de faire le bilan des difficultés de scolarisation des enfants concernés.
    L’intégration des enfants handicapés dans des classes banales progresse dans le département, mais aussi dans les structures spécialisées. Il y aura 2 UPI de plus à la rentrée 2009. Au total, il y a désormais 3 100 enfants handicapés scolarisés dans les écoles de Seine-Saint-Denis.
    Le Sgen-CFDT approuve cette augmentation de l’intégration des enfants handicapés, mais il rappelle que certains collègues trouvent que le soutien des 35 conseillers à la scolarisation, et la formation sont insuffisants. Cette difficulté dans la mise en œuvre est accrue par le turn-over des AVS qui accompagnent les enfants et qui s’explique par leur grande précarité. Pour nous, il faudrait des emplois stables, mieux qualifiés et rémunérés.
    Monsieur Auverlot pense que le système devrait évoluer d’ici à 5 ans pour déboucher sur des Maisons de l’Autonomie et l’avènement du métier d’auxiliaire de vie (et non pas seulement de vie scolaire). Par ailleurs, nous avons échangé sur l’évolution du public accueilli dans les IME. Alors que l’intégration des handicapés en classe banale avait laissé penser qu’il y aurait moins d’enfants dans les IME, nous constatons que les enfants qui sont accueillis en IME tendent à connaître des handicaps plus importants que par le passé. Des collègues soulignent que leur métier en est profondément modifié.

    Comité départemental d’hygiène et de sécurité

    Le Sgen-CFDT a rappelé à l’IA que la réunion annuelle du CDHS est obligatoire, alors que la dernière réunion s’est tenue en novembre 2007. Le médecin de prévention n’avait d’ailleurs pas pu venir y présenter le bilan de son activité, or cela nous semble particulièrement important dans un département où les conditions de travail sont souvent difficiles.
    Monsieur Auverlot reconnaît que c’est là une erreur de la part de l’administration et programmera très prochainement la réunion du CDHS.

    L’évolution des postes dans le département

    Les collèges

    A la rentrée 2008 entre la baisse des effectifs et la transformation d’heures postes et heures supplémentaires annuelles (HSA), il y avait eu 130 suppressions de postes.
    Pour la rentrée 2009, le département perd 600 élèves, mais ce sont 300 heures qui sont supprimées et non les 860 heures qui auraient pu être justifiées par la baisse des effectifs d’après l’IA. Le ratio heure/élèves augmente donc. L’IA souhaite que ces heures puissent laisser la liberté aux conseils d’administration de choisir entre le nombre de divisions (et donc le nombre d’élèves par classe) et des projets pédagogiques autres que les heures de cours (du type tutorat, renforcement selon les besoins des élèves).
    Nous avons posé la question des dérogations qui influent sur les effectifs des établissements. Monsieur Auverlot a affirmé qu’il n’accordera pas de dérogation si les murs des établissements ne le permettent pas, avec pour critère d’assurer la qualité de vie dans l’établissement (par exemple combien y a-t-il de places à la demi-pension) et la qualité des conditions d’études (par exemple quelle est la capacité d’accueil du CDI). L’IA fixe une capacité d’accueil par établissement, y fait entrer les élèves du secteur et ensuite seulement il y a éventuellement des dérogations.

    Les écoles

    La règle pour les ouvertures et fermetures de classe reste la même. Au total, la démographie (entendez l’augmentation du nombre d’élèves à accueillir) se traduit par la création de 35 postes dans le département. Pour autant, il y aura des fermetures de classe dans certaines communes car 3 ou 4 communes groupent l’essentiel des ouvertures, notamment Saint-Denis, Saint-Ouen et Aubervilliers. Ainsi à Saint-Denis, 12 classes ouvrent à la rentrée, et la nouvelle école (de 16 classes) ne sera livrée qu’aux vacances de la Toussaint.
    Toutefois, si deux écoles sont proches, que dans l’une il y a trois élèves de plus et l’autre 15 de moins, il n’y aura pas de création de poste dans la première, il faut trouver un équilibre entre les deux écoles. Enfin, aux Bosquets à Montfermeil, il devrait théoriquement y avoir une fermeture de classe, mais cela n’aura pas lieu car ce serait un mauvais signe dans ce quartier en cours de rénovation urbaine.
    Par ailleurs, la difficulté dans le département est que la structure des écoles est différente de celle des autres départements : les sections les plus nombreuses sont les moyennes sections de maternelle puis les écoles se vident progressivement, l’IA pense que cela résulte notamment de stratégies résidentielles visant à quitter le département avant l’entrée au collège. Cet évitement est pour lui disproportionné et ne correspond pas à la qualité du travail effectué dans les collèges.
    L’IA souhaite réfléchir à un classement plus fin des établissements car la sociologie des communes évolue et est parfois très contrastée : certaines écoles devraient pouvoir avoir les seuils ZEP et d’autres en sortir compte tenu de l’évolution des publics accueillis.
    Nous avons rappelé que nous ne sommes pas opposés à ce type de réflexion, tout en affirmant l’exigence de sélection négociée des critères de classement, d’information et de concertation avec les équipes des écoles concernées et la transparence et la négociation dans la procédure de décision.

    RASED

    Le Sgen-CFDT 9-3-4 a rappelé qu’il trouve que le Ministère mène dans le domaine une politique inacceptable dans des conditions plus que maladroites, notamment en les liant de fait avec les 60 heures (organisation du temps scolaire suite au passage à la semaine de 4 jours).
    L’IA ne partage pas notre analyse. Pour lui, les 60 heures ne sont pas la cause mais la conséquence des suppressions de postes RASED. Il pense aussi qu’il est nécessaire de dissocier le temps professionnel et le temps élève. Par ses déplacements dans les écoles, il remarque que des expériences d’AP très variées réussissent, pour des élèves qui ont des difficultés mais pas trop, c’est de l’ordre du préventif et cela n’a donc rien à voir avec l’action des RASED.
    Dans le 93, ce ne sont pas les postes spécialisés qui disparaissent mais ceux de collègues non spécialistes affectés sur les RASED. Et pour lui, ce sont donc des classes banales qui disparaissent suite à la sédentarisation des RASED… outre la sédentarisation sur classe banale, des maîtres spécialisés E vont être affectés en surnuméraire dans les écoles (il y en aura un dans le quart des écoles du département). Par exemple à Saint-Ouen le réseau va passer de 22 à 18 maîtres mais dans deux grandes sections qui connaissent le plus de difficultés lorsqu’on examine les évaluations depuis 3 ans, il y aura 2 maîtres E à temps plein. Aucun maître G n’est concerné par ces mesures, l’IA veut discuter avec eux de la mission qu’il souhaite leur confier par rapport aux élèves qui perturbent trop la classe.
    Nous demandons des éclaircissements sur les missions des maîtres E en classe banale : que devient leur spécialisation ? Comment pourront-ils aider à faire face aux difficultés scolaires d’élèves qui ne sont pas dans leur classe ?
    Pour Monsieur Auverlot, il ne faut pas faire des classes regroupant les élèves en difficulté. Si une école identifie des difficultés en CP, il faut que le maître spécialisé ait le CE 1.
    Par ailleurs, on peut imaginer que là où un maître est sédentarisé, on organise la semaine de telle sorte qu’il puisse regrouper les élèves en difficulté une demi-journée par semaine.
    Enfin, les RASED n’étaient pas constitués uniquement de maîtres spécialisés notamment parce qu’une fois formés, ils sont nombreux à quitter le département.

    Aide personnalisée

    A propos de l’AP nous soulevons les difficultés d’organisation : des propositions sont rejetées par les IEN, d’autres acceptés ailleurs, il y a un manque de lisibilité qui démotive même les équipes prêtes à tenter l’expérience.
    Pour l’IA, il y a en effet des problèmes d’organisation notamment liés au fait que les communes demandent que ce soit la même organisation dans toutes leurs écoles.
    Le Sgen-CFDT demande à savoir quelle politique il compte adopter par rapport aux collègues qui pratiquent le gel de l’AP.
    Il ne souhaite pas faire preuve d’autoritarisme, il compte aussi sur le travail de conviction des IEN pour que les collègues mettent en œuvre l’AP. Par contre, il ne peut pas rester sans rien faire face aux trois lettres de désobéissance qu’il a reçues. Il compte recevoir les collègues et a pour le moment prévu un discours de fermeté, poussant à notre sens ces collègues à la démission.
    Nous sommes intervenus en soulignant que ce discours nous semblait sans doute trop fermé et que compte tenu des conditions de mise en œuvre de la réforme du temps scolaire dans les écoles, il était assez prévisible que des situations de blocage et de refus se manifesteraient. Pour nous, il nous semble qu’il faut dialoguer avec ces collègues et leur faire part des expériences réussies si on souhaite qu’ils comprennent l’intérêt de dispositifs de remédiation à la difficulté scolaire peu importante. Globalement, il serait pertinent, dans ce domaine comme dans d’autres, que l’Education nationale favorise et organise la mutualisation des expériences.
    L’IA pense que la meilleure solution serait de travailler sur 4 jours et demi, mais cela ne sera pas possible rapidement car il y a beaucoup de choses à négocier avec les collectivités locales (vie associative et sportive par exemple). A Brest, cette organisation aurait résulté de 3 ans de projets.

    Accompagnement éducatif

    Dans les collèges

    Pour l’IA, cela fonctionne bien : toutes les heures supplémentaires sont prises (sic) et servent le plus souvent à de l’aide aux devoirs, de l’ouverture culturelle, de la pratique orale des langues étrangères et de la pratique sportive.

    Dans les écoles

    C’est plus complexe parce que les mairies faisaient déjà beaucoup. Nous cherchons donc à déterminer quels besoins les élèves ont et ne sont pas satisfaits que l’école pourrait prendre en charge.
    L’Education nationale n’avait pas anticipé certaines difficultés : lorsque des maîtres font de l’aide aux devoirs financée par la commune, il n’a pas le temps de faire de l’accompagnement éducatif ; quand toutes les salles sont prises par l’étude, il n’y a pas d’espace disponible pour faire l’accompagnement éducatif.
    L’aide aux devoirs municipale est payante, ce que fera l’Education nationale sera gratuit, mais les effets ne sont pas neutres car ce sont des dispositifs associatifs qui perdent des financements et risquent de disparaître (Coup de pouce par exemple).
    Il y a donc une question de fond : si l’école en faisant l’accompagnement éducatif détruit le tissu social et associatif existant (aide aux devoirs par les associations) cela n’est pas souhaitable.
    Le Sgen-CFDT devra se saisir de ces questions en fonction de ce que nous savons du terrain.

    Formation initiale et formation continue

    Nous demandons ce que devient la formation continue des professeurs des écoles avec la réforme du recrutement et de la formation.
    L’IA ne peut rien dire sur 2010-2011. Pour la rentrée 2009, le temps de formation continue va diminuer car il y aura moins de PE2. Alors que nous déplorons cette évolution surtout dans un contexte de disparition de l’année de stage professionnel, l’IA affirme que la formation actuelle n’est pas idéale et que la suppression de l’année de stage n’est pas un problème (les enseignants qui n’ont pas eu de stage IUFM ne sont pas plus mauvais que les autres). Au final, notre discours sur l’enjeu du stage IUFM et de la formation continue pour apprendre le métier l’agace. Le discours anti-IUFM est donc bien passé au point que l’IA ne souhaite pas défendre le stage de formation professionnelle. Il entend à peine notre discours sur l’intérêt d’une entrée progressive dans le métier avec des dispositifs d’analyse de pratique afin de nous améliorer pour le bénéfice des élèves.
    Il ne comprendra notre inquiétude que lorsque nous lui annonçons que pour le moment le rapport entre formation académique et formation professionnelle dans les maquettes de master est très déséquilibré dans certaines disciplines.

    Les bourses et la situation socio-économique

    L’IA essaie de faire en sorte que la division des bourses soit moins scrupuleuse et fasse ce que les circulaires n’interdisent pas et non pas seulement ce qu’elles prévoient. Pour lui, toute famille éligible (et pas seulement en temps de crise) doit pouvoir obtenir une bourse. Or il y a dans certains établissements un écart notable entre la structure socioprofessionnelle des familles et le nombre de boursiers, il a demandé aux établissements concernés de faire un travail spécifique auprès des familles afin que les dossiers soient déposés. Il regrette que dans certains établissements le fonds social ne soit pas totalement utilisé.