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Syndicat général de l'Éducation nationale


SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

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  • 17 février 2010

    Le travail a repris au lycée Chérioux


    analyse de la section Sgen-CFDT

    Pourquoi on est toujours là !

    Le mardi 2 février vers 10h15 un groupe d’individus masqués est entré dans notre établissement pour tabasser un élève de 3ème professionnel. A midi, les personnels du lycée Chérioux exercent leur droit de retrait. En début d’après midi nous apprenons l’arrivé de l’Equipe Mobile de Sécurité (EMS). Une AG des personnels s’organise, un de nos collègue témoin d’une partie des faits depuis sa salle de cours nous a raconté : un bruit de détonation, un groupe de jeunes cagoulés qui tapent un élève puis qui courent vers la sortie, un pistolet qui pèse dans la main d’un de ces individus… Ce n’est pas la première fois que notre établissement est le cadre de faits graves, ni qu’on se réunit en AG pour réfléchir à ce qu’il faut faire, mais c’est surement la première fois que l’amphi est si plein. Unanimement nous réactivons les demandes, fruits de nos réflexions antérieures sur le fonctionnement de notre lycée, il nous faut doubler le nombre d’assistant d’éducation de 11 à 22. Une délégation de 11 personnes part pour le rectorat où elle finira par être reçue et écoutée mais sans qu’aucune réponse ne soit faite. Le lendemain après avoir accueillis nos élèves de 8h à 10h pour leur expliquer la situation, nous nous retrouvons en AG. Pas de réponse du rectorat ! Nous irons la chercher, c’est tous ensemble que nous nous retrouvons à 14 heures devant les grilles de la rue Enesco. Après une longue attente la délégation est enfin reçue par la directrice de cabinet du Recteur qui ne peut bien sûr rien décider ! Déjà les médias sont là pour relayer l’information. Nous exerçons notre droit de retrait en attendant la nomination de 11 nouveaux AE. Jeudi 4 février dès 7h30 nous sommes à l’entrée du lycée pour informer élèves et parents de la situation et les appeler à se joindre à nous pour aller devant le rectorat tous ensemble. L’essaim de journalistes traque images et infos. Des représentants de la ville et du conseil général réquisitionnent des bus. Vers 11 heures nous sommes plus de 200 au pied du rectorat. Mais le Recteur, que nous exigeons de rencontrer a disparu, on nous propose les pis-aller habituels, devant notre refus le Recteur finit par réapparaitre et reçoit la délégation. 2 assistants d’éducation, 6 médiateurs de la réussite scolaire et l’EMS pour « un certain temps… » Beaucoup de précarité face au 11 AE que nous souhaitons pour stabiliser le fonctionnement de Chérioux. Et que dire du manque de respect des décisions du conseil d’administration qui avait refusé il y a un an les médiateurs ! Le vendredi nous partons vers le ministère où le ministre nous attend, reçoit la délégation, mais sans la moindre proposition nouvelle. Le week-end nous expliquons par voie de presse notre position, parents et élèves soutiennent notre position et rare sont les avis négatifs sur nos revendications. M. Chatel reste inflexible. Lundi 8 février le recteur nous a demandé de venir le voir, nous sommes tous là, pas lui ! Et un DRH propose de nous envoyer au plus vite des « Groupes de paroles » pour tout arranger. Le mercredi 10 nous passons à l’assaut de l’assemblée nationale. Plusieurs députés viennent discuter avec nous pendant qu’une délégation est reçue par les élus des groupes parlementaires de gauche. Jeudi nous participons à la manif des enseignants de l’académie de Créteil. En fin de journée le vendredi une délégation réduite est reçue au ministère par des membres du cabinet de M. Chatel. Le lundi matin en assemblée générale nous apprenons par le recteur les nouvelles propositions : 4 AE au lieu de 2 ! Ils lient ces propositions au fait que la région pose rapidement une clôture et engage au plus vite la rénovation de notre établissement. Etant encore loin du compte d’AE malgré les progrès, notre délégation tente encore de négocier avec le Ministère lundi 15 février. Nous n’obtiendrons rien de plus et décidons de reprendre le travail mardi 16 février. Déjà dans l’établissement voisin, le lycée Guillaume Apollinaire de Thiais, une nouvelle agression en beaucoup de points similaire… La presse est partie là-bas, nos EMS vont-ils pouvoir rester ?

    Il avait été convenu dès la première Assemblée générale des personnels, qu’aucune organisation syndicale ne s’approprie le mouvement. Il s’agissait d’un mouvement de tous les personnels de notre lycée. Pour autant, en tant qu’élus SGEN, nous avons activement participé à ce combat, nous avons fait partie de toute les délégations, et nous avons contribué à la mise en place d’un projet d’accord avec le ministère. Nous tenons ici à remercier les élus SGEN départementaux pour leur présence et leur soutien tout au long de notre mouvement. Thierry CADART était également présent à nos cotés pour nous apporter toute l’aide nécessaire si nous en avions besoin.

    Au lendemain de cette action, nous dressons un bilan positif de notre action. La lutte, nous a permit d’obtenir des avancés significatives sur nos conditions de travail.

    Aude CRETIEN, Henry DEBAECQUE, Laurent MARIA