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Syndicat général de l'Éducation nationale


SGEN-CFDT de l’Académie de Créteil

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  • 15 janvier 2011

    Programmes CLAIR ou ECLAIR, le Sgen-CFDT dénonce depuis le 3 décembre un programme dangereux pour l’éducation prioritaire

    La semaine dernière, le ministre de l’éducation a annoncé l’extension du dispositif CLAIR. Désormais baptisé ECLAIR (on ne rigole pas), le dispositif lancé à la rentrée 2010, intégrera systématiquement à partir de septembre 2011 les établissements du réseau ambition réussite (RAR) et les écoles qui en dépendent. C’est l’occasion pour nous de rappeler notre positionnement vis-à-vis de ce dispositif.

    Certains éléments du dispositif CLAIR, semblent aller dans la bonne voie. Permettre la stabilité des équipes, insister sur l’innovation pédagogique et le travail collectif de l’ensemble des personnels : voilà des thèmes qui nous sont chers et nous paraissent essentiels dans la construction de l’école du XXIème siècle.

    Mais au-delà de ces quelques pistes prometteuses, le dispositif tel qu’il a été mis en place depuis la rentrée 2010 et proposé pour la rentrée 2011 pose aussi de nombreux problèmes :
    - Aux critères sociaux, sur lesquels reposait jusqu’ici l’éducation prioritaire, il substitue une approche rétrograde et limitée, fondée essentiellement sur la violence.
    - Dans le même temps, il ne permet pas de répondre aux vraies questions liées à l’éducation prioritaire (utilisation des moyens, besoin d’une nouvelle cartographie davantage représentative de la France de 2011) et semble plutôt destiné à absorber puis enterrer celle-ci, s’intégrant ainsi parfaitement à la politique de réduction des coûts.
    - Il associe dans une drôle de tambouille idéologique des mesures vaguement réactionnaires aux perspectives de progrès citées plus haut. Les postes de « préfet des études » et le mépris qu’ils indiquent vis-à-vis des CPE et de leur travail en sont le parfait exemple.
    - L’autonomie de l’établissement y est souvent réduite à l’autonomie du chef d’établissement, elle-même pensée selon la logique du tout ou rien. Entre des chefs d’établissement n’ayant aucune influence possible sur les nominations dans leur établissement et un recrutement direct par le chef d’établissement, il y a sûrement un juste milieu.

    Enfin, et surtout, le dispositif CLAIR, qui vient se superposer aux innombrables dispositifs lancés ces dernières années dans le domaine de l’éducation prioritaire, a été lancé à la va-vite et sans aucune concertation. Il est aujourd’hui étendu sans qu’aucune évaluation des expériences menées depuis la rentrée n’ait été faite, rejoignant ainsi la longue liste de réformes, parfois alléchantes, menées sans concertation, sans pilotage, sans évaluation et surtout dans une politique générale de réduction des moyens depuis 2007.

    La précipitation du ministère et les contradictions du dispositif montrent bien que celui-ci est conçu sans réelle vision politique et souhaite avant tout mêler communication et économies.

    Dans ce contexte strictement comptable, le Sgen-CFDT refuse la confusion entretenue entre la disparition des ZEP et l’expérimentation du programme ECLAIR (Écoles Collèges Lycées pour l’Innovation, l’Ambition et la Réussite). Sa généralisation annoncée précipitamment et sans concertation par le ministre à l’ensemble des réseaux RAR atteste de l’impréparation de cette nouvelle politique. Centré sur la violence, le concept d’ECLAIR, met en danger les véritables finalités de l’Éducation prioritaire : favoriser la réussite des élèves dans les territoires qui concentrent des difficultés liées aux inégalités sociales et économiques.